Lettres du grenier de Wilno

Traduit du RUSSE par EVELINE ARNOURSKY

À propos

Au cours de l'été 2001, W. Zawistowski, poète et dramaturge polonais, découvre dans le grenier de la maison de sa grand-mère, Natalia, douze longues lettres que lui a envoyées Marina Tsvetaeva entre 1934 et 1939, alors qu'elle vivait à Paris. L'étonnant n'est pas tant la découverte en elle-même de cette correspondance, mais c'est surtout la figure de la destinataire qui sidère : Natalia, une petite enseignante de Vilnius, en Lituanie, n'ayant aucun rapport avec la vie littéraire, inconnue à Moscou comme à Paris et qui, pourtant, a occupé avant la Deuxième Guerre mondiale et pendant plusieurs années consécutives une place indéniable dans la correspondance et la vie de la poétesse. Les lettres de Tsvetaeva en disent long sur la poétesse, mais également beaucoup sur sa correspondante, ses espoirs et ses désenchantements. Natalia Giejewski est née en 1890 en Pologne de parents d'origine russe. Son père était directeur d'un lycée d'Etat et sa mère, Hélèna, élevait ses nombreux enfants. Neuf ans plus tard, la famille déménage à Wilno (Vilnius) et c'est à partir de ce moment-là que la majeure partie de la vie de Natalia sera liée à cette ville. Comme Tsvetaeva, Natalia aspirait à être indépendante et à travailler. Créature excentrique, peut-être même déconcertante, elle éveillait pourtant instinctivement le respect et la considération, de par son incroyable ouverture d'esprit et sa culture - elle a fait des études de lettres à La Sorbonne. Mais l'occupation soviétique lui ôtera tout espoir de mener une carrière littéraire et théâtrale. Les réponses de Tsvetaeva aux plaintes et aux questions de Natalia que, malheureusement, nous ignorons (les lettres de Natalia n'ont jamais été retrouvées), témoignent des tourments et des déceptions de celle-ci. Les deux femmes pleurent sur leur jeunesse, lointaine, et qui ne reviendra jamais, bien que leur vie se soit tissée de manière totalement différente pour l'une et pour l'autre. Natalia soutient Marina Tsvetaeva en lui envoyant de petites sommes d'argent et des cadeaux. Cette correspondance s'interrompt en 1939, l'année où Tsvetaeva rejoint son mari à Moscou. Natalia ignorera tout de son sort.Outre l'histoire de la découverte de ces lettres de Tsvetaeva à sa parente et amie, une découverte miraculeuse (70 ans plus tard, dans un grenier de Vilnius !), non moins touchante est la teneur de ces lettres. L'année 1934 a été un tournant dans la vie de Tsvetaeva, peut-être bien déterminante de son suicide 7 ans plus tard. Ces douze lettres éclairent souvent de manière crue les zones d'ombre des lettres adressées à Anna Teskova que l'on a pu découvrir dans Lettres à Anna. Car ce qui était alors passé sous silence crie. Ici, Marina Tsvetaeva fait fi de toute pudeur : l'âme, la politique, la famille, mais aussi bien ses préoccupations terre à terre et domestiques - tout peut se dire à une parente lointaine, inconnue, et tout ce qui se dit est bouleversant.


Rayons : Littérature > Romans & Nouvelles


  • Auteur(s)

    Marina Tsvétaïéva

  • Traducteur

    EVELINE ARNOURSKY

  • Éditeur

    Syrtes

  • Distributeur

    Harmonia Mundi

  • Date de parution

    15/01/2004

  • Collection

    Litterature Etrangere

  • EAN

    9782845450912

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    144 Pages

  • Longueur

    20 cm

  • Largeur

    12.9 cm

  • Épaisseur

    1.3 cm

  • Poids

    185 g

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Marina Tsvétaïéva

Marina Tsvétaïeva, née en 1892 à Moscou, émigre en 1922, après la Révolution d'Octobre. Après trois ans passés à Berlin et en Tchécoslovaquie, elle se rend à Paris, où elle vit de 1925 à 1938. Refusant « l'esprit de parti », elle n'est acceptée ni par les Rouges, qui l'accusent d'avoir trahi leur cause (notamment dans son recueil Le Camp des cygnes), ni par les Blancs, qui lui reprochent son admiration pour Maïakovski ou Pasternak. Elle retourne ensuite en URSS, et s'y suicide en 1941.

empty